Sur la musique jouée par le vent de cette nuit d’automne, sur le rythme vif et joyeux de la pluie qui résonne, elle dansait les pieds nus.
Sous le regard bienveillant de la lune, entourée par quelques dunes, elle déhanchait à l’égyptienne sur les tambours des Africaines, elle se prenait pour Shéhérazade – l’héroïne de Mille et une nuit.
Elle dansait, elle dansait et elle dansait sans se lasser pendant toute la nuit. Elle s’imaginait dans un autre monde paradisiaque et idéal dont l’hymne n’est que celui de l’amour. Un monde rejetant la haine en vertu du verdict suivant :
« Haine , sentiment ignoble et criminel que vous le soyez, source des guerres et des misères, alliée de la mélancolie et du spleen, ennemi du bonheur et de la joie, souffrance des peuples et des humains, on vous déclare coupable de toutes les calamités de cette terre. De ce fait, vous êtes passible de peine capitale à savoir le mort ».
Il est temps que l’amour reprend son pouvoir pour faire prévaloir la tolérance. Il est temps que l’amour reprend sa couronne et règne de nouveau pour effacer nos souffrances.
« Amour, vous voilà de nouveau, vous savez qu’autrefois la haine a envahi nos cœurs, a aveuglé nos yeux, a empoisonné nos âmes, a fait disparaître nos consciences, a violé notre dignité et honneur…Bref, nous a rendu ses esclaves les plus obéissants.
Amour rendez-nous notre liberté de penser, de parler, de faire et de ne pas faire ; rendez-nous notre joie de vivre , notre plaisir et faîtes renaître nos désirs tant refoulés.
Amour, séchez nos larmes, guérissez nos blessures, détruisez nos armes, plaider notre innocence, redonnez-nous notre confiance…Tant de vœux que vous devriez exaucer. Espérons seulement que vous pourriez le faire »
Elle dansait encore tout en ayant la tête ailleurs et l’esprit plongé dans ce monde. Durant ce temps-là, Quasimodo –le bossu de notre dame de Paris- observa la belle bohème. Il sentait les battements de son cœur qui s’harmonisaient avec le son des tambours, une sensation qui lui plaisait…Il tomba amoureux de la belle bohème si ravissante avec sa silhouette apparente, si charmante avec son sourire rayonnant, si innocente avec son visage d’ange. Il la contempla comme si elle était un beau paysage ou un objet d’art rare. Il s’évada dans un autre univers où il se voyait en la compagnie de la belle bohème, portant une robe de princesse, dans un château de Mille et une nuit : ils savouraient ensemble les délices de l’amour…Tout d’un coup, un bruit de cheval le réveilla de son rêve…C’étaient le Prince et ses gardes, qui ,en faisant une visite de routine dans la ville, découvrirent la belle Bohème séduisante dans sa danse de feu. Emerveillé par sa beauté orientale et sa délicatesse artistique, il tomba sous son charme ensorcelant. Il se dirigea vers elle et lui posa quelques questions. Une complicité naissait petit à petit, des étincelles brillaient dans leurs yeux et un feeling intense entre eux se ressentait. Le Prince, décidé à continuer sa tournée quotidienne, lui donna un rendez-vous en amoureux pour demain. Il s’éloigna dans l’obscurité, elle ne le quitta pas des yeux. Elle était tellement émue qu’elle oublia tous ceux qui l’entouraient. Elle était aux anges et pensait au gentleman de la classe royale qui s’intéressait à une fille issue d’une classe marginale de la société. Son portrait correspondait parfaitement à l’homme de ses rêves. Sa voix douce résonnait encore dans sa tête, ses paroles touchaient sa sensibilité et sa sensualité. Elle rebroussait le chemin de sa maison …elle marchait, marchait, marchait….jusqu’à ce qu’elle trouvait une petite cabane détériorée par la pluie torrentielle où elle prenait place et continuait à son songer au prince charmant.
Quasimodo, le pauvre bossu, se réveilla de son rêve désespéré et se rendit compte que son cœur était pris. Il n’était qu’un horrible homme rejeté par toute Paris, un monstre condamné à la solitude, l’insolence et le mépris…Il se haïssait lui –même il se lamentait de son sort et pleurnichait…..
dimanche 27 juillet 2008
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