dimanche 27 juillet 2008

La belle Bohème

Sur la musique jouée par le vent de cette nuit d’automne, sur le rythme vif et joyeux de la pluie qui résonne, elle dansait les pieds nus.
Sous le regard bienveillant de la lune, entourée par quelques dunes, elle déhanchait à l’égyptienne sur les tambours des Africaines, elle se prenait pour Shéhérazade – l’héroïne de Mille et une nuit.
Elle dansait, elle dansait et elle dansait sans se lasser pendant toute la nuit. Elle s’imaginait dans un autre monde paradisiaque et idéal dont l’hymne n’est que celui de l’amour. Un monde rejetant la haine en vertu du verdict suivant :
« Haine , sentiment ignoble et criminel que vous le soyez, source des guerres et des misères, alliée de la mélancolie et du spleen, ennemi du bonheur et de la joie, souffrance des peuples et des humains, on vous déclare coupable de toutes les calamités de cette terre. De ce fait, vous êtes passible de peine capitale à savoir le mort ».

Il est temps que l’amour reprend son pouvoir pour faire prévaloir la tolérance. Il est temps que l’amour reprend sa couronne et règne de nouveau pour effacer nos souffrances.
« Amour, vous voilà de nouveau, vous savez qu’autrefois la haine a envahi nos cœurs, a aveuglé nos yeux, a empoisonné nos âmes, a fait disparaître nos consciences, a violé notre dignité et honneur…Bref, nous a rendu ses esclaves les plus obéissants.
Amour rendez-nous notre liberté de penser, de parler, de faire et de ne pas faire ; rendez-nous notre joie de vivre , notre plaisir et faîtes renaître nos désirs tant refoulés.
Amour, séchez nos larmes, guérissez nos blessures, détruisez nos armes, plaider notre innocence, redonnez-nous notre confiance…Tant de vœux que vous devriez exaucer. Espérons seulement que vous pourriez le faire »

Elle dansait encore tout en ayant la tête ailleurs et l’esprit plongé dans ce monde. Durant ce temps-là, Quasimodo –le bossu de notre dame de Paris- observa la belle bohème. Il sentait les battements de son cœur qui s’harmonisaient avec le son des tambours, une sensation qui lui plaisait…Il tomba amoureux de la belle bohème si ravissante avec sa silhouette apparente, si charmante avec son sourire rayonnant, si innocente avec son visage d’ange. Il la contempla comme si elle était un beau paysage ou un objet d’art rare. Il s’évada dans un autre univers où il se voyait en la compagnie de la belle bohème, portant une robe de princesse, dans un château de Mille et une nuit : ils savouraient ensemble les délices de l’amour…Tout d’un coup, un bruit de cheval le réveilla de son rêve…C’étaient le Prince et ses gardes, qui ,en faisant une visite de routine dans la ville, découvrirent la belle Bohème séduisante dans sa danse de feu. Emerveillé par sa beauté orientale et sa délicatesse artistique, il tomba sous son charme ensorcelant. Il se dirigea vers elle et lui posa quelques questions. Une complicité naissait petit à petit, des étincelles brillaient dans leurs yeux et un feeling intense entre eux se ressentait. Le Prince, décidé à continuer sa tournée quotidienne, lui donna un rendez-vous en amoureux pour demain. Il s’éloigna dans l’obscurité, elle ne le quitta pas des yeux. Elle était tellement émue qu’elle oublia tous ceux qui l’entouraient. Elle était aux anges et pensait au gentleman de la classe royale qui s’intéressait à une fille issue d’une classe marginale de la société. Son portrait correspondait parfaitement à l’homme de ses rêves. Sa voix douce résonnait encore dans sa tête, ses paroles touchaient sa sensibilité et sa sensualité. Elle rebroussait le chemin de sa maison …elle marchait, marchait, marchait….jusqu’à ce qu’elle trouvait une petite cabane détériorée par la pluie torrentielle où elle prenait place et continuait à son songer au prince charmant.
Quasimodo, le pauvre bossu, se réveilla de son rêve désespéré et se rendit compte que son cœur était pris. Il n’était qu’un horrible homme rejeté par toute Paris, un monstre condamné à la solitude, l’insolence et le mépris…Il se haïssait lui –même il se lamentait de son sort et pleurnichait…..

mardi 10 juin 2008

Le Tourisme de La Mort



Le Tourisme est , de nos jours, considéré comme un vecteur de développement à la fois économique et social. Cette activité, sous ses différentes formes, draine un grand nombre de touristes dans le monde franchissant la barre des 900 Millions en 2007, et par conséquent génère des recettes en devises importantes et réduit la charge sociale de l'état relative au chômage.




Les vertus du tourisme expliquent ainsi l'intérêt porté à cette activité par presque tous les pays du monde , y compris ceux dont la principale vocation n'est pas touristique. L'orientation massive de ces pays vers le développement de ce secteur attractif de l'économie s'est traduite par la création de nouveaux produits touristiques. A titre d'exemple, on peut citer les Émirats Unis D'arabe. Ce pays est reconnu pour son industrie pétrolière et les produits dérivés , mais cela ne l'a pas empêché de s'investir dans le tourisme en mettant l'accent sur le Shopping comme produit touristique.




Faire du tourisme son cheval de bataille est devenu l'objectif de tous ces pays , ce qui a conduit au développement d'une panoplie de produits touristiques qui différent d'une destination à une autre. A cet effet, une offre internationale diversifiée est proposée aux voyageurs dont les besoins sont de plus en plus spécifiques : du tourisme balnéaire au tourisme culturel en passant par le tourisme de bien-être , de santé , de montagne...sans oublier le tourisme sexuel ou encore le tourisme de la mort.




Ce dernier constitue une nouvelle tendance lancée par la Suisse. Ce pays , bien qu'il dispose d'une offre axée sur le tourisme de montagne, le ski et la nature, il a fait de la mort un nouveau créneau touristique à fort potentiel. En effet, la législation suisse autorise la mort assistée. Celle- ci permet non seulement aux personnes gravement malades de mettre un terme à leur souffrance et à celle de leurs proches ; mais également aux personnes saines mettre un terme à leur vie. C'est un avocat qui a pris l'initiative dans cette perspective en créant une association d'assistance au suicide à but non lucratif. Cette association accueille les candidats à la mort , leur offre le médicament mortel et se charge de leurs funérailles et même de leur rapatriement. Étant donné que ces pratiques sont formellement interdits dans la plupart des pays , la Suisse est devenue la destination préférée des touristes de la mort qui parcourent des milliers de kilomètres et franchissent nombreuses frontières pour pouvoir se donner la mort en toute légalité. Ce privilège qu'offre cette destination a suscité l'intérêt d'un grand nombre de personnes , ce qui s'est traduit par l'accroissement du nombre des entreprises suisses spécialisées dans cette activité. Elles ont fait de la mort leur métier et ont bâti tout un bisness. Pour se donner la mort , un étranger devrait payer la somme de 7000 Euro quoique cela devrait être gratuit. (à suivre)